Les chiens comprennent-ils le geste de pointer ?
Les chiens comprennent le geste de pointer, surpassant souvent chimpanzés et loups. Cette compétence repose sur des signaux sociaux et des différences de race, non sur la logique pure.
Oui, la plupart des chiens comprennent le geste de pointer, et ils réussissent souvent mieux cette tâche que les chimpanzés, les loups et les nourrissons humains. Cette capacité n'est pas universelle chez tous les canidés ; elle dépend fortement du type de geste spécifique, de la race du chien et de leur socialisation tout au long de leur vie avec les humains.
Pointer fonctionne mieux que regarder
Les chiens sont capables de suivre le langage corporel humain, comme les gestes et le pointage, mais ils ne traitent pas tous les signaux de la même manière. Dans des tâches où une récompense est cachée sous l'un des deux seaux, les chiens suivent la direction d'un doigt humain, d'un hochement de tête ou d'une tape beaucoup mieux qu'un simple regard. Ils surpassent les chimpanzés et les loups dans ces tâches spécifiques de pointage, ce qui suggère une adaptation cognitive unique pour décoder les signaux humains.
Le mécanisme ne consiste pas seulement à voir un doigt ; il implique d'interpréter le geste comme un acte de communication. Les chiens ont tendance à suivre plus efficacement les directions pointées par la main et le bras lorsqu'elles sont combinées avec un signal oculaire. Ils utilisent ces indices comme une indication de l'endroit où aller et de ce qu'il faut faire, traitant l'humain comme une source d'information plutôt que comme un simple donneur d'ordres.
Tous les chiens ne sont pas égaux
Bien que la capacité à suivre un point soit répandue, elle n'est pas garantie pour chaque individu ou espèce. Les chiens chanteurs de Nouvelle-Guinée et les dingos australiens, qui sont des proto-chiens à moitié sauvages, peuvent suivre le pointage humain, démontrant que cette compétence est apparue tôt dans la domestication sans une sélection humaine lourde. Cependant, les différences de race peuvent influencer les capacités d'apprentissage spatial et de mémoire, ce qui signifie qu'un Berger australien pourrait aborder la tâche différemment d'un dingo ou d'un loup.
L'évolution cognitive des chiens a été façonnée par des millénaires de contact avec les humains. Les chiens domestiques modernes peuvent avoir perdu certaines capacités cognitives originales, comme la résolution autonome de problèmes, au profit de la dépendance envers les humains pour résoudre ces problèmes. Cela se voit dans la façon dont les chiens regardent un humain à proximité lorsqu'ils sont confrontés à une tâche insoluble, alors que les loups socialisés ne le font pas. La compétence de suivre un point est le résultat direct de cette convergence socio-cognitive.
L'expérience et le développement comptent
Pour qu'un chien réussisse bien dans les tâches guidées par l'humain, des expériences pertinentes avec les humains tout au long de sa vie sont nécessaires. Cela inclut la socialisation aux humains durant la phase critique du développement social et des opportunités d'associer les parties du corps humain à certains résultats, comme la nourriture ou le jeu. Les chiots avec une exposition limitée aux humains peuvent tout de même bien performer, mais la profondeur de la compréhension est souvent liée à la quantité de signaux humains qu'ils ont appris à interpréter.
L'âge joue également un rôle dans le traitement cognitif. Bien que les chiots puissent suivre un déplacement visible et comprendre la permanence de l'objet dès huit semaines, la capacité à interpréter des gestes référentiels complexes continue de se développer. Des études montrent que les chiens plus âgés sont meilleurs pour discriminer entre les langues, suggérant que l'exposition et l'expérience affinent ces voies cognitives au fil du temps.
Mémoire et limites de la compréhension
Comprendre un point n'est pas la même chose que comprendre la logique sous-jacente du monde. Bien que les chiens puissent se souvenir d'événements passés et montrer une mémoire épisodique de type, ils ont du mal avec le "quoi, où et quand" d'un événement de la même manière que les cochons, les pigeons et les chimpanzés. La taille du cerveau ne prédit pas la capacité d'un chien à suivre les gestes de pointage humain, ni n'est-elle associée à leurs capacités de raisonnement inférentiel et physique.
De plus, les résultats sur la question de savoir si les chiens comprennent véritablement les états mentaux d'autrui sont controversés. Il n'est pas clair si les chiens communiquent eux-mêmes avec des motifs informatifs ou s'ils réagissent simplement à une association apprise entre un geste et une récompense. Ils peuvent suivre un point, mais le fait qu'ils saisissent le concept de "référentialité" reste un sujet de débat en cours dans la recherche sur la cognition canine.
Quand s'attendre à un échec
Un chien qui ignore un geste de pointage n'est peut-être pas peu intelligent ; il peut simplement manquer de la socialisation spécifique ou des traits de race qui rendent ce signal saillant. Dans certains cas, le chien peut être concentré sur une autre entrée sensorielle, comme l'odorat, qui est particulièrement saillant pour eux par rapport à la vision. Si un chien échoue à suivre un point, c'est souvent une question de formation et de contexte plutôt qu'un manque de capacité cognitive.
En fin de compte, la capacité à suivre un point est une marque distinctive de la relation unique du chien domestique avec les humains. C'est une compétence qui a évolué par une évolution convergente, rendant les chiens cognitivement similaires aux enfants humains dans leur capacité à lire les signaux sociaux, même si leur compréhension du monde reste distincte de la nôtre.
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