Qu'est-ce que l'amputation de la queue chez le chien ?

L'amputation de la queue retire une partie de la queue du chien, souvent sans anesthésie, pour respecter les standards de race ou prévenir les blessures, bien que les principales organisations vétérin

L'amputation de la queue est l'enlèvement chirurgical ou par constriction d'une partie de la queue d'un chien, une pratique historiquement utilisée pour prévenir les blessures chez les chiens de travail, mais aujourd'hui largement condamnée par les associations vétérinaires comme une mutilation inutile. La procédure est illégale ou fortement restreinte dans de nombreux pays, pourtant elle persiste chez certaines races pour répondre aux standards d'exposition ou pour des raisons de protection perçues.

Comment se déroule la procédure

L'amputation est généralement pratiquée sur des chiots âgés de trois à cinq jours, souvent sans anesthésie, soit en coupant la queue avec des ciseaux chirurgicaux ou un scalpel, soit en appliquant un ligature en caoutchouc pour couper l'approvisionnement sanguin jusqu'à ce que la queue se détache. La longueur retirée varie selon la race et est fréquemment dictée par les standards de race, certaines races exigeant que la queue soit retirée entièrement tandis que d'autres autorisent une longueur résiduelle spécifique. Bien que la procédure soit courante pour les éleveurs et les vétérinaires dans les régions où elle est autorisée, l'absence de soulagement de la douleur chez les jeunes chiots reste une préoccupation éthique majeure.

Justifications historiques contre la réalité moderne

Historiquement, on croyait que l'amputation prévenait la rage, renforçait le dos, augmentait la vitesse et prévenait les blessures lors de la chasse aux rats, des combats et de l'appâtage. À l'époque moderne, les justifications principales sont prophylactiques ou thérapeutiques, spécifiquement pour prévenir les blessures chez les chiens de travail tels que les races de chasse, d'élevage ou de terriers qui se déplacent dans des fourrés denses où les queues peuvent accumuler des chardons, subir des abrasions ou se casser. Cependant, l'American Veterinary Medical Association conteste ces justifications, notant que l'incidence des blessures à la queue est extrêmement faible, soit 0,23 %, ce qui signifie qu'environ 500 chiens devraient être amputés pour prévenir une seule blessure.

Impact sur la communication et le comportement canin

Les chiens comptent énormément sur leur queue pour communiquer des états émotionnels tels que la peur, la prudence, l'agressivité et le jeu aux autres chiens et aux humains. Des recherches indiquent que les chiens avec une queue amputée sont désavantagés pour transmettre ces signaux, conduisant à une situation où les autres chiens s'approchent d'eux avec prudence en raison de l'incapacité à lire leur état émotionnel. Ce déficit de communication peut entraîner des chiens amputés devenant plus agressifs et antisociaux à l'âge adulte, car ils manquent de la capacité à transmettre efficacement les signaux sociaux lors des interactions.

Conséquences physiques et biomécanique

Beyond la communication, la queue sert de gouvernail pour la natation et de contrepoids pour la course et le saut. Des études comparant les chiens avec et sans queue amputée montrent que ceux avec une queue amputée doivent travailler plus dur pour compenser la perte de cet appendice naturel. Le pathologiste canin et expert en médecine sportive, le Prof. Chris Zink, suggère que le stress supplémentaire imposé aux articulations par cette compensation peut entraîner des conséquences sanitaires à long terme, contredisant l'idée que l'amputation améliore les performances physiques.

Statut juridique et paysage réglementaire

De nombreux pays ont interdit l'amputation de la queue, la considérant comme inutile, douloureuse et cruelle, la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie interdisant la pratique dans tous les pays signataires, bien que certaines exceptions soient autorisées. Au Royaume-Uni, la pratique est illégale sauf pour les chiens de travail spécifiques utilisés par la police, l'armée, les services de secours ou pour la lutte contre les nuisibles, et doit être effectuée par un chirurgien vétérinaire enregistré. L'Animal Welfare Act de 2006 en Angleterre et au Pays de Galles rend l'amputation illégale, un délit criminel passible d'amendes allant jusqu'à 20 000 £ ou d'emprisonnement, reflétant un déplacement de l'amputation cosmétique vers la nécessité thérapeutique.

Le rôle des clubs canins et des standards de race

Les critiques soutiennent que les clubs canins avec des standards de race qui n'autorisent pas les chiens non amputés exercent une pression indue sur les propriétaires et les éleveurs pour continuer la pratique. Bien que l'American Kennel Club déclare n'avoir aucune règle exigeant l'amputation, les standards pour de nombreuses races, comme le Boxer, recommandent que les queues non amputées soient sévèrement pénalisées dans le ring d'exposition. Cela crée un conflit entre les traditions de préservation de la race et le bien-être animal, les principales organisations vétérinaires appelant à la mise à jour des standards de race pour éliminer entièrement les exigences d'amputation.

L'amputation de la queue reste une pratique controversée où la tradition et l'utilité perçue s'opposent au consensus vétérinaire sur le bien-être animal. Bien que la procédure soit encore pratiquée dans certaines régions pour les chiens de travail ou à des fins d'exposition, les preuves scientifiques suggèrent qu'elle offre peu de bénéfices tout en imposant des coûts physiques et sociaux importants à l'animal.

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