Le Saint-Bernard : du sauveteur alpin au compagnon géant

Découvrez l'histoire du Saint-Bernard, de sauveteur alpin à compagnon géant, en explorant ses risques de santé, son tempérament et la vérité sur le mythe du tonneau de brandy.

9,3 ans d'espérance de vie moyenne, nettement inférieurs aux 12,7 ans typiques des autres races pures. Cette espérance de vie plus courte est due à une prévalence élevée de conditions génétiques spécifiques, notamment le cancer osseux, les maladies cardiaques et la dysplasie articulaire.

Le Saint-Bernard est une race molossoïde géante originaire des Alpes occidentales, spécifiquement élevée pour le travail de sauvetage par l'hospice du Grand Saint-Bernard, à la frontière italo-suisse. Bien qu'ils soient célèbres pour leur tempérament doux et leur taille massive, la race a subi des changements significatifs au cours des deux derniers siècles, évoluant d'un chien de travail de la taille d'un berger allemand vers le chien d'exposition d'aujourd'hui.

Du sauveteur alpin au chien d'exposition

L'histoire de la race commence à l'hospice du Grand Saint-Bernard, où les moines acquirent leurs premiers chiens entre 1660 et 1670. Les premiers écrits datent de 1707, bien que des peintures de Salvator Rosa de 1690 fournissent une preuve visuelle de la présence de ces chiens. Le plus célèbre d'entre eux était Barry, qui aurait sauvé entre 40 et 100 vies avant sa mort, méritant un monument au Cimetière des Chiens et un corps conservé au Musée d'histoire naturelle de Berne.

Le Saint-Bernard moderne est radicalement différent des chiens originaux gardés à l'hospice. Des hivers rigoureux entre 1816 et 1818 ont tué de nombreux chiens originaux lors de missions de sauvetage. Pour préserver la race, les chiens restants ont été croisés avec des Terre-Neuve et d'autres grandes races dans les années 1850. Ce croisement a introduit un poil long qui ne convenait pas au climat enneigé, car la fourrure gelait et alourdissait les chiens, réduisant leur efficacité. Par conséquent, la race est devenue beaucoup plus grande et plus lourde, privilégiant l'apparence sur la capacité de travail alors que les clubs canins et les expositions de chiens prenaient de l'importance.

Caractéristiques physiques et apparence

Aujourd'hui, le Saint-Bernard est reconnu comme un chien géant au poil lisse qui se colle au corps et est plat. La couleur du poil est principalement blanche avec des taches rouges, variant d'un manteau rouge clair à rouge foncé. La coloration la plus précieuse est décrite comme rouge-brun, bien que le rouge-brindé et le jaune-brun soient également autorisés. La queue est longue et lourde, tenue haut, et les yeux varient du brun clair au brun foncé avec des paupières naturellement serrées.

Contrairement aux chiens de travail originaux, le Saint-Bernard moderne est beaucoup plus grand et plus massif. La race a été affinée depuis la fin des années 1800 en utilisant diverses races de type molossoïde de grande taille, notamment le Mastiff anglais, le Grand Danois et le Chien de montagne suisse. Le Club Saint-Bernard suisse a été fondé à Bâle en 1884, et la race est devenue la première à être inscrite dans le Livre des Origines Suisse la même année, avec le standard de la race approuvé en 1888.

Risques de santé et longévité

La race fait face à plusieurs défis de santé sérieux qui contribuent à leur espérance de vie réduite. Une étude britannique de 2024 a trouvé une espérance de vie moyenne de 9,3 ans, comparée à 12,7 pour les autres races pures. Une étude suédoise de 2005 a indiqué que 74 % des Saint-Bernards sont décédés avant l'âge de 10 ans, un taux beaucoup plus élevé que les 35 % pour la population canine générale.

Les prédispositions génétiques spécifiques incluent l'ostéosarcome (cancer osseux), qui est héréditaire, et une mutation du gène ARHGEF10 associée à une polyneuropathie d'apparition juvénile. La race est également très prédisposée à la cardiomyopathie dilatée (DCM), une étude américaine ayant trouvé que 2,6 % des Saint-Bernards sont touchés contre 0,2 % des chiens croisés. Les problèmes articulaires sont courants, la race étant la deuxième la plus prédisposée à la dysplasie de la hanche à 14,70 % et présentant une prévalence élevée de la carence du ligament croisé. De plus, la dilatation gastrique avec volvulus (GDV) est une menace significative, avec un rapport de cotes de 4,2 pour la race par rapport aux autres.

Tempérament et capacité de travail

Connus comme de classiques géants doux, les Saint-Bernards sont calmes, patients et doux, particulièrement avec les enfants. Ils sont loyaux, affectueux et généralement pas instinctivement protecteurs, bien que leur taille seule serve de dissuasif pour les intrus. Bien qu'ils ne soient plus utilisés pour les sauvetages alpins, le dernier cas enregistré datant de 1955, ils conservent leur capacité naturelle pour le travail de l'odorat et peuvent participer à des événements de suivi ou de recherche et sauvetage avec une formation appropriée.

Les chiens de l'hospice n'ont jamais reçu de formation formelle de la part des moines. Au contraire, les chiens plus jeunes apprenaient les opérations de recherche et sauvetage en observant les chiens plus âgés. Cette méthode d'apprentissage a permis à la race de développer un lien fort avec leurs compagnons humains et une aptitude naturelle pour trouver les voyageurs perdus.

Le mythe du tonneau de brandy

La culture populaire dépeint souvent les Saint-Bernards portant de petits tonneaux de brandy autour du cou pour ranimer les victimes d'avalanches. Cette image est largement un mythe originaire d'une peinture de 1820 par Edwin Landseer, Alpine Mastiffs Reanimating a Distressed Traveller. Les moines de l'hospice nient que les chiens aient jamais porté des tonneaux à des fins médicales, notant que le brandy aurait été médicalement inapproprié pour les victimes d'hypothermie. Bien que les moines aient gardé des tonneaux pour des photos de touristes, l'idée du chien comme armoire à liqueurs ambulante est une exagération fictive.

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